Vendredi 20 juin 2008


Du 2 au 17 juin 2008.

J’avais dit que j’y reviendrai. J’y allai donc de nouveau. La fromagerie de la Roria, dans la Haute Tinée, Saint-Etienne de Tinée plus précisément. Cette ferme que l’an passé j’avais eut tant de mal à quitter.

 


J’ai terminé mes examens le 2 juin dans la matinée. C’est ce même jour à 12h15 que je sautais dans le train. J’arrivai à Nice aux alentours de 22h30. J’y passai la nuit. Le lendemain, je montai dans le bus à 8h30 direction Isola et St-Etienne de Tinée. Le chauffeur du bus, sympathique, m’a déposé directement devant la fromagerie. J’y étais enfin.

 


J’y ai retrouvé Hugues et Jean-Claude, les deux éleveurs associés. Jérémy et Elise, les enfants de Jean-Claude. Yann et Alice, ceux de Hugues. Billy, le chien de conduite. Volcan, l’énorme et magnifique patou.

 



 



Billy






 


Volcan




Je n’ai pas revu Dominique. Mais il y avait Florian, stagiaire lui aussi. Avec qui je me suis de suite bien entendue. Et avec qui on a expérimenté beaucoup de choses en cuisine lol.
 

Et bien évidemment, j’ai retrouvé les chèvres. Une génération plus tard. Et Mémé, la veille chèvre meneuse du troupeau. J’y ai aussi retrouvé ma chevrette préférée de l’an passé, maintenant adulte, la chèvre noire sans corne. Mais elle est devenue plus sauvage, moins câline.



Cette année mon petit pot de colle attitré, c’était le numéro 31. Ou plutôt « trente-et-unE », comme me le fit très justement remarquer Alice.




L’emploi du temps est le même que l’an passé. Florian se lève bien plus tôt que moi, pour la traite du matin et la confection des fromages. La journée commence pour moi à 9h00, lorsque je pars avec les chèvres pour la journée, jusqu’à 18h00.



 

Ces journées furent souvent tourmentées par la pluie et l’orage. Le froid aussi. Mais heureusement que d’autres furent plus chaudes et parfois lorsque j’avais un peu de chance, ensoleillées.

Jérémy est monté trois jours avec moi. Les deux mercredis et un samedi.

Alice aussi est venue, le dimanche de la fête des pères.

 


Je me souvenais plutôt bien des endroits de ce territoire que j’avais déjà visité maintes fois l’année dernière. Mais j’en ai aussi découvert d’autres, comme ce haut plateau de près et forêts, bien plus haut que la croix.

J’ai aussi vu plus précisément d’où venait l’eau, celle qui arrive derrière l’oratoire où je fais boire les chèvres, la même aussi qui descend jusqu’à la fromagerie. J’ai d’ailleurs dégagé le canal obstrué pour que circule à nouveau le précieux liquide, bloqué à la rivière torrentielle par un arbre qui était tombé.



 
J’ai aussi nettement mieux observé, les endroits que fréquente le plus souvent le loup. En toute logique, la meute transfrontalière séjourne non loin de la rivière lorsqu’elle décide de passer du côté français. Dans le vallon où coule le torrent, mais aussi jusqu’à la croix. Car si je n’ai pas eut la chance de récolter des laissées, j’ai en revanche trouvé pas mal d’ossements, restes de repas du goulu canidé. Un os long par-ci, une mâchoire par-là…



Lors que je reviens en fin d’après-midi, c’est la traite. On tri les chevreaux, on donne le grain et le foin aux chèvres dont on coince la tête dans les mangeoires. Les batailles de lait peuvent alors commencer! :-D 

 


Vendredi 13 juin. Ironie du sort ? Je ne suis pas superstitieuse. C’est pourtant ce jour-là… que le loup a choisit d’attaquer.

Ce jour là, exceptionnellement, je ne suis pas montée avec les chèvres le matin. Ceci afin de conduire Florian au marché de St-Etienne et de l’aider à tenir le stand.

Lorsqu’ensuite nous sommes montés en fin d’après-midi chercher le troupeau, une chevrette, la plus jeune, était à l’écart. Elle était blessée, avait été mordue à la patte arrière gauche, d’une morsure nette et laissant peu de place au doute…



Je suis ensuite immédiatement remontée avec Jean-Claude, pour retrouver les deux chevrettes qui manquaient à l’appelle. En vain…

Le lendemain, Jean-Luc est monté avec moi durant la matinée. Il a fouillé le vallon où coule la rivière, celui où il y a le plus de « chance » de trouver quelque chose. Rien. Tout en veillant sur le troupeau, j’ai continué à chercher le restant la journée. Et les suivantes. Notamment dans cet autre vallon où j’avais trouvé la carcasse d’un mouton du cousin à Jean-Claude l’an passé. Toujours rien…

Il m’a envoyé au marché, c’est arrivé. Parce que c’est lui qui m’y a envoyé, il m’a dit que ce que qui était arrivé n’était pas de ma faute. Qu’il ne m’en voulait pas. Et pourtant… j’ai cru les derniers jours, porter tous les tords de la Terre.
Et je garderai le regret qu'on se soit quitté en mauvais terme, alors qu'auparavant on s'était toujours bien entendu...
Ça n’a pas été facile… mais il y avait Sylène, que je remercie infiniment. Surtout lors de cette soirée, que j’ai passée avec toi et ton père. J’ai été extrêmement touchée par ton attention… 
 
Mais sachez que ce qui s’est passé durant les derniers jours, ne m’a pas pour autant dégouttée des beaux métiers d’éleveur et de berger. Cela a simplement rendu mon départ encore plus difficile et partiellement altéré mon envie de revenir un jour (et qui sait combien j’avais envie de revenir encore) dans le magnifique pays de la Tinée. Que malgré tout j’espère le revoir, lou païs d ’al solel…




Car après les avoir une fois de plus touchés du doigt, j’ai à nouveau le sentiment qu’éleveur et berger sont les plus beaux métiers du monde…

  Plus de photos






Quelques courtes vidéos...


   
Lorsqu'une jeune chevrette est téméraire plus qu'elle n'est courageuse... elle ne s'attaque à plus grand qu'elle qu'à condition d'avoir une avantage de taille évident! De quoi rendre son ainée quelque peu zinzin...





Vous ai-je déjà précisé que "31" est une marque de colle extra-forte?






Le principe quand on veut être la(es) dernière(s), c'est de prendre son temps...

 







Jérémy en compagnie des chèvres. Et Billy, pas du tout intéressé par l'appareil...







Edition du 30 juillet 2008

"Les éleveurs face au loup... "on ne peut pas vivre ensemble"". Jean-Claude m'a souvent répété cette phrase. Mais quelle ne fut pas ma surprise de retrouver ces visages et ces voix si familières sur Internet...
Voir
l'article de loup.org, et le même sur Rue89

Malheureusement, cet article est une trace parmi tant d'autres qui témoigne de tout ce qui sépare nos idées...
Un
second article, résumant la saison et les différents écovolontaires qui me succédèrent cette année.

Enfin
un article sur ma propre expérience là-bas, toujours sur loup.org.

Par Marion - EN33 - Publié dans : Les loups - Communauté : Rencontre avec les loups
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